[RÉUSSIR SA CARRIÈRE] Votre cerveau au bureau, de David Rock (2013)
Et vous, saurez-vous appliquer ces pistes ?
Enfin, une autre méthode consiste à appliquer le recadrage positif. Il s'agit d'une réponse à la gestion de nos émotions. Voir le positif plutôt que la menace (ex : dans les questions de notre interlocuteur). Il est à réaliser en amont d'une forte émotion. Il existe 4 types de recadrage :
Et si nous pouvions faire de notre cerveau notre meilleur outil au travail plutôt que de le subir, se traduisant alors par des excès d'émotions et des comportements inadaptés ?
Spécialiste de la neurosciences, l'auteur nous fournit les clés pour faire de notre cerveau un véritable allié. Ce que nous allons découvrir à travers les thèmes suivants :
- La gestion de son énergie cérébrale ;
- La gestion des priorités ;
- La prise de décision ;
- La performance de son cerveau ;
- La gestion des émotions ;
- La présentation du modèle "SCARF" ;
- La gestion de la communication.
1 - De la bonne gestion de son énergie cérébrale
Cette première partie met fin à plusieurs idées préconçues qui vous permettront d'optimiser la gestion de votre énergie cérébrale. Elle nous explique également les facteurs les plus consommateurs.
Si beaucoup d'entre nous pensent que le multitâche est efficace pour paralléliser les tâches et en faire plus en moins de temps, la réalité en est toute autre. En effet, le multitâche nous fait perdre 10 points
de QI ! Il est donc au contraire recommander de se concentrer sur une tâche à la fois.
Une autre idée préconçue est de chercher à donner des conseils aux autres avec la bonne intention de les aider. En réalité, plutôt il est recommandé de poser les
questions
amenant votre interlocuteur à trouver ce conseil lui-même. C'est d'ailleurs une des notions de base du coaching comme nous le verrons dans un prochain billet.
2 facteurs majeurs sont particulièrement consommateur en énergie cérébrale :
- Le cortex préfrontal permet 5 fonctions : comprendre, décider, se souvenir, mémoriser et inhiber. Cette partie du cerveau est la plus consommatrice en énergie. Il convient donc d'utiliser ces fonctions à bon escient pour les rendre au service de ce qui est vraiment utile ;
- Le souvenir : Plus un événement est ancien, plus il est consommateur en énergie pour retrouver ce souvenir.
Inversement, les deux pistes suivantes permettent d'optimiser la gestion de notre énergie cérébrale :
- En faisant davantage appel à la répétition (ou schéma répétitif), nous déléguons ces tâches à une autre zone du cerveau (noyaux gris centraux) moins consommateur en énergie ;
- Limiter / éviter les distractions externes (ex : éteindre la messagerie) qui nous empêchent de nous concentrer et très consommateur d'énergie. Quand bien même nous connaissons bien cet élément, mettons-nous bien en place ce qu'il faut pour l'appliquer ?
2 - Être plus efficace avec la force des priorités
Afin que notre cerveau soit mis à contribution de nos priorités (à supposer que nous les ayons définies au préalable), voici quatre pistes proposées par l'auteur :- Se concentrer sur l'essentiel ! Mais le définir avec le plein d'énergie pour définir les bonnes priorités. Utiliser le visuel pour cela. A titre d'exemple, cela peut se faire à travers le mind-mapping ou carte heuristique. Il existe de nombreuses applications pour cela. J'utilise personnellement XMind ;
- Alterner les sujets pour reposer la partie du cerveau qui vient d'être utilisée. En rappelant que nous ne devrions traiter qu'un sujet à la fois ;
- Noter au fil de l'eau plutôt que de s'efforcer à se souvenir. De nouveau, plusieurs applications permettent de noter nos idées où que nous soyons. La plus connue étant certainement aujourd'hui Evernote. Non seulement nous sommes assurés de nous en souvenir mais en plus, nous économisons notre énergie cérébrale ainsi.
- Commencer la journée par les tâches les plus importantes, pas la lecture d'emails ! Il est généralement recommandé de noter avant toute chose les 3 actions que nous souhaitons absolument réaliser dans la journée. Puis de les réaliser en premier lieu ou de les planifier dans la journée si cela n'est pas possible. Enfin, pour aller plus loin, il convient de définir les garde-fous qui vont nous assurer de réaliser ces actions (e.g. en éliminant tout ce qui pourrait nous empêcher de réaliser cette action d'une part et en préparant tout ce qui nous aidera à la réaliser d'autre part).
3 - Prendre de meilleures décisions
Voici 6 idées pour nous aider à prendre de meilleures décisions :
- Idée n°1 : Limiter le nombre de variables pour nos actions et décisions. Toutes les variables n'ont pas la même importance. Il convient donc de leur attribuer un degré d'importance et de n'en retenir que les plus indispensables ;
- Idée n°2 : Décomposer les idées les plus longues : simplifier ! Il est plus facile de prendre plusieurs petites décisions qu'une grande décision unique avec laquelle nous ne saurons pas par où commencer et nous risquons de tourner en rond longtemps ;
- Idée n°3 : Noter vos buts et contraintes pendant la réalisation de tâches importantes (ex : "rédiger une offre compétitive", "élaborer une offre différentiante", …). Ainsi, vous orienterez votre pensée vers chaque bonnes petites décisions pour atteindre un but fixé ;
- Idée n°4 : Pour les décisions que l'on ressasse, voire quelle décision en amont nous devrions prendre. Il y a toujours un petit pas que nous pouvons réaliser maintenant et qu'il sera plus facile à décider si la décision finale nous apparaît comme une montagne au point de la procrastiner sans cesse ;
- Idée n°5 : Le système limbique prend constamment des décisions "aller vers" ou "s'éloigner de". Pour rappel, cette partie du cerveau est archaïque et reprend des comportements tout aussi anciens pour fuir nos ennemis et aller vers les sources survie (sécurité d'un lieu, recherche de nourriture, ...). Au sein de notre monde moderne, il convient de changer notre état interne afin de privilégier le "aller vers". Typiquement, nous pouvons nous aider de la PNL pour réussir cela ;
- Idée n°6 : La perte de contrôle (ex : non maîtrise des décisions, délégation, …) augmente la perte de la fonction préfrontal et donc nos capacités de décision. D'ailleurs, un des postulats de la PNL énonce : Plus on a le choix, mieux ça vaut. Il convient donc de se donner le choix. Bien entendu, nous ne pouvons pas maîtriser toutes les décisions et, par exemple, la délégation est nécessaire dans notre travail notamment. Pour autant, elle doit être réalisée consciemment et non par fuite ou par débordement de la décision.
4 - Améliorer la performance de son cerveau
Notre cerveau est source de nombreux atouts. Les connaître nous permet de mieux les exploiter et d'être plus performant. L'auteur nous propose 9 pistes pour cela :- Piste n°1 : Utiliser le droit de véto. L'inhibition nécessite de stopper une impulsion à son tout début ("droit de véto", ie. entre le moment où on pense l'action et on la réalise, existe une fraction de temps où on peut la stopper) avant que la force de l'action ne prenne le dessus.
- Piste n°2 : Nous nous concentrons plus facilement quand c'est nouveau et quand une récompense est attendue à la fin.
- Piste n°3 : Faire appel au cerveau moteur (ex : en faisant de l'exercice) permet également de diminuer le stress (en sollicitant ainsi une autre partie que le préfrontal).
- Piste n°4 : Provoquer l'intuition (ex : pour dépasser les impasses mentales) avec la méthode ARIA :
- Avoir conscience du problème en le posant de manière minimaliste ;
- Réflexion : penser avec des stratégies nouvelles (ex : en élargissant sa réflexion) ;
- Intuition : les ondes Alpha diminue à cet instant pendant que les ondes Gama augmentent. Ce phénomène peut être provoqué en faisant autre chose ;
- Action : profiter de l'énergie fournie par cette énergie !
- Piste n°5 : En cas de préoccupation sur notre performance mentale, garder en tête que "c'est juste notre cerveau". Cela permet de prendre le recul nécessaire sur une situation où nous nous sentons débordé, dépassé ;
- Piste n°6 : S'attaquer au but plutôt qu'au problème
- Par exemple, "aller à l'aéroport pour 14h" serait s'attaquer au problème alors que...
- "Trouver un taxi" (et ainsi être à l'heure) ... est une solution cette fois pour atteindre notre but ;
- Piste n°7 : Viser un "ah oui" plutôt qu'un "oui d'accord" de son interlocuteur dans la recherche de solution. Ainsi l'interlocuteur voit son statut relevé (cf. modèle SCARF ci-dessous) et non l'inverse. il accepte ainsi davantage la solution ;
- Piste n°8 : Focaliser l'attention ailleurs que sur la menace pour créer des nouvelles connexions en employant les questions adéquates. Par exemple, le "comment" plutôt que le "pourquoi" ;
- Piste n°9 : Pour stabiliser le changement à long terme, enraciner les nouveaux circuits en les activant régulièrement, surtout quand ils sont neufs.
5 - La gestion des émotions :
Si nous avons tendance à réagir à nos émotions, leur gestion permet de les déceler et de les traiter de manière appropriée.
En premier lieu, avant l'arrivée d'une émotion (ou avant qu'elle ne devienne trop forte), 3 scénarios sont possibles vis à vis de la situation qui est à l'origine de l'émotion (cas d'une situation qui se profile que l'on sait génératrice d'émotion pour nous) :
- Choix de la situation (ex : ne pas réaliser un exercice de négociation si on ne sait pas faire ça) ;
- Modification de la situation (ex : "aller vers" la négociation tout en étant certain d'y être préparé ;
- Déploiement de l'attention (ex : choisir la négociation, se sentir préparé mais tout de même se sentir anxieux et choisir de porter son attention sur son anxiété ou pas).
Ensuite, face à l'émotion elle-même, nous avons 3 façons de réagir :
- L'exprimer ;
- La supprimer ;
- Appliquer le changement cognitif en étiquetant ou en réévaluant l'émotion. Seul ce dernier cas est sain. Par exemple, nous pouvons accepter l'injustice grâce à l'étiquetage (de l'émotion ressenti) et le recadrage, sachant que le sentiment d'injustice est une menace primaire.
- Réinterprétation : se préparer à pire pour que la situation réelle nous paraissent "rassurante" ;
- Normalisation ou rationalisation : par exemple, admettre que nous ne sommes pas complètement opérationnels dès les premiers jours d'un nouvel emploi ;
- Modification de la hiérarchie de ses valeurs : par exemple, travailler seul Vs. travailler en équipe ;
- Repositionnement : voir la situation à travers les yeux de ses interlocuteurs.
Quelques pistes complémentaires :
- Le stress est mieux vécu quand il est choisi (ex : pour accéder à des responsabilités pour obtenir davantage de pouvoir et/ou d'autonomie) ;
- Réduire ses attentes permet d'éviter de trop grandes déceptions (et donc une chute de dopamine) et surtout la perception d'un trop grand succès en avance nous empêche de percevoir les autres options.
6 - Modèle SCARF :
Le modèle SCARF définit les 5 menaces ou récompenses que recherchent en permanence notre cerveau instinctivement. Selon la manière de les atteindre chez nous et nos interlocuteurs, nous allons obtenir une réaction négative ou positive. Par exemple, se montrer supérieur vis à vis de son interlocuteur, c'est s'attaquer à son Statut. Il s'en trouvera menacé. Inversement, le considérer comme une personne unique, avec un statut qui mérite la reconnaissance, lui prodiguera une certaine récompense et donc une réaction positive de sa part.Les leaders dans le monde des affaires et des institutions ont tout intérêt à appliquer ce modèle [SCARF] dans leur communication. [...] De nombreux leaders comprennent intuitivement qu'ils doivent faire appel à beaucoup d'efforts pour créer un sentiment de sécurité chez les autres. ils sont donc souvent humbles pour réduire la menace due au statut. Ils proposent des attentes claires et parlent beaucoup du futur, pour améliorer la certitude. Ils délèguent et laissent les autres prendre des décisions, accroissant l'autonomie. Ils ont une forte présence, venant des efforts qu'ils font pour être authentiques avec les autres, afin de créer la qualité des relations. Et enfin, ils tiennent leurs promesses pour être perçus comme justes.
7 - Notre cerveau au service de la communication
Notre cerveau interprète les informations selon certains schémas communs pour tous mais avec des perceptions différentes pour chacun d'entre nous. Les pistes ci-dessous visent à améliorer la communication entre deux (ou plus) personnes :- Piste n°1 : Plus nous retirons d'éléments d'information à la communication, plus grand est le risque de mauvaise interprétation ;
- Piste n°2 : Par défaut, quand nous ne connaissons pas l'autre, nous le classons en tant qu'ennemi. Au début d'une conversation, il convient donc de "rassurer" notre interlocuteur que nous sommes là en tant qu'allié et non ennemi si ce n'est pas le cas ;
- Piste n°3 : Consacrer du temps au plan humain avant de démarrer une réunion (a fortiori si la réunion s'annonce difficile).
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